Smoke sur les couleurs de base  diluées, Longhair

(Lilas, Fawn)

Si vous avez lu l’article précédent sur les couleurs de base non diluées … et bien vous êtes prié de tout oublier ou presque !

 

Comme nous l’avons vu précédemment, il existe trois couleurs de base, à l’origine de toutes les variantes des couleurs du chat, le noir, le chocolat et le cinnamon (les « couleurs primaires »).

La dilution de ces couleurs de base est régit par l’allèle d, présent sur le Locus D.

L’allèle D dit « sauvage », responsable de la non dilution du poil est à caractère dominant.

 Concrètement, cela signifie que pour qu’un chat ait une couleur diluée, bleu, fawn ou lilas, il doit être OBLIGATOIREMENT homozygote d (d/d) sur le Locus D.

 

Parallèle entre les couleurs de base non diluées et diluées :

 MODE D'ACTION DE L'ALLELE d

Action sur la couleur perçue :

 

Dans l’espèce féline, la couleur de la peau et du pelage est, contrairement au chien, presque exclusivement due à la pigmentation pilaire.

Nous l’avons vu, le poil d’un chat est composé à la fois d’eumélanine et de phéomélanine.

 Sur le poil d’un chat noir, chocolat ou cinnamon, la quantité de d’eumélanine est importante, organisée sous forme de "grains " de forme différente en fonction de l’allèle dominant sur le Locus B, formant des amas denses et très homogènes. 

L’eumélanine, de par sa structure chimique, interagit avec la lumière, elle est capable d’absorber les longueurs d’onde du spectre visible de la lumière.

C’est donc la forme et par conséquent, la proportion d’eumélanine présente dans le poil, qui va déterminer la couleur du chat.

Pour schématiser, je rempli un bocal de billes rondes et à côté je rempli un autre bocal de même taille de petits bâtonnets de bois, le volume occupé par mes billes sera plus important que le volume occupé par mes bâtonnets.

Donc,  plus "le volume occupé dans le poil par l’eumélanine " est important, plus celui-ci est en capacité d’absorber la lumière, plus sa couleur est visuellement foncée.

L’allèle d, agit à la fois sur l’eumélanine et la phéomélanine, en modifiant la densité et la répartition de leurs grains.

 Chez un chat uni à la couleur de base diluée, les " grains " d’eumélanine sont de taille variable  sur un même poil, élargis et inégalement répartis en amas. Ainsi, la capacité d’absorption de la lumière du poil est très nettement diminuée, faisant paraître la couleur visuellement claire.

Action de l'allèle d sur l'aspect du poil


Action de l'allèle d sur l'aspect du pelage

Action sur le rendu visuel de la couleur :

 

Si vous avez déjà vu un chat chocolat et un chat lilas avec un même type de poil, vous avez peut être constaté comme moi que l’un a le poil brillant et l’autre non ou quasiment pas. Cette différence de perception est d’ailleurs nettement visible en plein soleil.

Qu’est-ce qui fait qu’une surface brille et l’autre non ?

Et bien c’est assez simple, uniquement sa structure.

 D’une même couleur, une surface lisse brillera, une surface rugueuse ou irrégulière, non.
J’en déduis donc que les modifications apportées à l’eumélanine par la présence de d/d, engendre également une modification de la structure/texture du poil (c’est la seule explication plausible). 

Voici donc la base qui va nous permettre de travailler.

A présent, que se passe-t-il lorsqu'au génotype d’un chat aux couleurs diluées s’ajoute l’allèle I ?

Et bien c’est une très bonne question !

A nouveau, il s’agit d’écrits qui reposent uniquement sur mes observations, réflexions et déductions.

Dans un premier temps, je me contenterais de parler du fawn et du lilas.

D’une part parce que ce qui est vrai pour l’un l’est pour l’autre (ce qui n’est pas tout à fait exact pour le bleu), et d’autre part parce qu’au jour d’aujourd’hui, j’ai suffisamment de recul sur ces deux couleurs, pour pouvoir affirmer un certain nombre de chose.

Quand on sait en temps qu’éleveur, qu’on peut faire naître une couleur qu’on ne maîtrise pas du tout, qu’on a d’ailleurs même pas encore vraiment vu, ni en photo, ni ailleurs (c'était le cas il y a deux ans), on sent un vent de solitude absolu à l’idée de ne pas parvenir à la déterminer. S’ensuit de longues et désespérantes recherches, ne serait-ce que pour voir à quoi on est censé s’attendre, et là… c’est le désert absolu ! 

Jusqu’au jour où je suis tombée sur la photo d’une magnifique lilas smoke et que je me suis permise de contacter sa propriétaire, elle-même éleveuse. J’en profite en passant pour te remercie Christelle pour la énième fois, on ne se connaissait pourtant pas, mais immédiatement, nos échanges ont été riches et amicaux.

Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre comment le smoke s’exprimait sur ces couleurs, autant sur des tout minis que sur des adultes, mais une photo a tout changé. Une fois le déclic là, le reste a finalement rapidement coulé de source. 

 GENERALITES

Important !

Comprenez tout de suite que là, vos yeux seuls ne suffiront pas !

Un chaton fawn smoke ou lilas smoke ne vous sautera pas aux yeux comme cela est le cas pour un chaton noir, chocolat ou cinnamon.

Armez-vous d’un appareil photo et de votre téléphone (le rendu photo n’est pas toujours le même qu’avec un apn) et surtout très important, apprenez à jouer avec la lumière.

 

En effet, en fonction de l'exposition (plein soleil, naturelle, tamisée…), le rendu visuel du smoke sur un chat fawn ou lilas sera très différent et c’est d’autant plus vrai à la naissance et pendant toute la période de croissance. C’est vraiment là-dessus qu’il va falloir jouer pour parvenir à détecter la présence du gène silver sur ces couleurs.

Comme je l’ai déjà souligné, les couleurs smoke sont des couleurs à effet, et croyez-moi, se sont sur les couleurs diluées, qu’à mon avis, cette vérité prend tout son sens. 

Tout d’abord quelques généralités qu’il faut vraiment connaître si on veut avoir un espoir de ne pas passer à côté.

Parce qu’autant je vois en pagaille des chats non dilués déclarés smoke à tort, autant j’ai aussi déjà vu passé un certain nombre de chats dilués déclarés lilas ou fawn qui pour moi, sont sans conteste smoke.

D’ailleurs, je suis persuadée que dans la bataille, on a perdu tout un tas de lignée de smoke, notamment en shorthair (où là c’est le casse-tête chinois x1000).

Sur un noir, chocolat ou cinnamon, globalement, le rendu visuel est plus clair sur un chat unis smoke que sur un chat unis non smoke.

Sur un fawn ou un lilas,… et bien c’est tout l’inverse !

Si vous avez compris ce principe, cela fera toute la différence.

Ma théorie, qui au final concorde parfaitement avec les observations que j’ai pu faire, est la suivante : l’allèle I « amoindri » l’action de l’allèle d. Je dirais que l’on peut parler de " dilution incomplète ". Cela suppose l’existence de polygènes (groupe de gène qui influence le phénotype d’un individu) comme c’est le cas pour l’allèle Wb dont je parlerais dans un autre article.

Si cela n’a au final aucune incidence visuellement, sur la racine de phéomélanine qui de toute façon est argent sous l’effet de l’allèle I, il est évident que sur la pointe colorée d’eumélanine cela en a une.

Ainsi, la concentration et l’homogénéité des granulats d’eumélanine d’un chat non dilué non smoke serait > à celles d’un chat diluée smoke > à celles d’un chat dilué non smoke.

Mode d'action de l'allèle d en présence de l'allèle I


Un chat adulte par exemple fawn smoke, c’est un peu comme si sa pointe colorée était d’une autre couleur que fawn sans pour autant être cinnamon, c’est presque une couleur à part, presque un entre deux.

Je m’explique :

Dans les faits, un chat fawn smoke semble de manière globale, on va dire, 2 tons (c’est un exemple par une vérité, je ne suis pas peintre) plus foncé qu’un chat fawn. Ce qui est encore plus troublant, c’est qu’au final, la couleur d’un fawn smoke se rapproche d’un point de vu de la teinte, presque de manière égale mais à l’inverse, d’un cinnamon smoke. C’est-à-dire que le cinnamon smoke va paraître lui aussi, 2 tons plus foncé que le fawn smoke. Il en est ensuite encore de même entre un cinnamon smoke et un cinnamon.

C’est assez troublant n’est-ce pas ?

Ici, il s’agit de photos prises séparément. Même si visuellement l’ensemble fait son petit effet, croyez moi que lorsque les chats sont l’un à côté de l’autre sous un même éclairage, c’est franchement perturbant.

Essayez de faire les mêmes avec un fawn et un cinnamon, le rendu ne sera pas vraiment identique …

 Tiens d’ailleurs j’ai !


En partant de ce constat, il est aisé de comprendre que si la pointe du poil d’un chat adulte fawn smoke ou lilas smoke est plus foncée (parce qu’elle est plus « chargée » en eumélanine et donc absorbe davantage la lumière) que celle d’un chat fawn ou lilas, elle va aussi avoir tendance à avoir une surface/texture plus proche de la pointe du poil d’un chat aux couleurs non diluées.

Et voilà l’autre point auquel je voulais arriver !!

Si la pointe du poil d’un chat fawn smoke ou lilas smoke est plus lisse que celle d’un chat fawn ou lilas … elle BRILLE !!

Donc en résumé, un chat fawn smoke ou lilas smoke, sera visuellement plus foncé (tout du moins la pointe de son poil) qu’un chat fawn ou lilas, et son poil sera plus ou moins brillant en fonction du type de lumière auquel il est exposé.

 C’est déjà une bonne base de travail, mais, ce n’est pas terminé.

A présent, il convient d’analyser brièvement (enfin pas tout à fait) l’évolution du pelage d’un chaton à la naissance, puis durant sa croissance, afin de déterminer exactement à quel moment chercher quoi.

 

 Le pelage du poil d’un chat est composé de plusieurs types de poils :

  •  Les poils dits primaires, de jarre et de garde (2 sortes), qui sont synthétisés par des follicules primaires. Ils sont longs, épais, droits et pigmentés. Sur les couleurs de base non diluées, se sont donc eux, qui entre autre, sont responsables de la brillance de la couleur. Ils protègent l’animal contre les intempéries et confèrent sa couleur au pelage. Leur longueur est celle qui définit la longueur du pelage de l’animal.
  • Les poils secondaires, ou duvet, synthétisés quant à eux par des follicules secondaires. Leur extrémité est coudée et se termine en pointe. Ils sont denses et fins, moins pigmentés, c’est eux qui permettent le maintien et la régulation de la température corporelle. De par leur composition, forme et leur texture, quel que soit la couleur du chat, ils sont mats.

Les deux types de poils sortent par « grappe » (10 à 20 poils) d’un même orifice folliculaire : 2-3 poils primaires pour de nombreux poils secondaires.


Aspect du pelage d'un british shorthair chocolat (désolé en uni foncé et parlant, j’ai qu’elle) :

Evolution de l’aspect du poil chez un chaton :

 

A partir du 50 ème jour, le fœtus a tous ses poils, le chaton naît donc avec tout ce qu’il fait là où il faut.

A la naissance :

Le chaton longhair (et c’est d’ailleurs ce qui va nous permettre de les reconnaître très facilement) , a le poils particulièrement lisse et plaqué contre le corps. De ce fait, on remarque et cela quel que soit la couleur (diluée ou non), qu’à l’exposition à une lumière dure (flash ++), le poil du chaton brille.

Contrairement à un chat adulte, les poils sont encore relativement fins (on ne parvient pas à distinguer poil primaire de poil secondaire, ils semblent avoir la même épaisseur), leur longueur, comme leur épaisseur/texture vont suivre une importante évolution tout au long de la croissance.


Au bout de quelques jours de vie, l’ensemble des poils du chaton longhair vont se redresser. Droits et fins, leur surface ne permet plus la réflexion diffuse de la lumière, là encore quelque soit la couleur du chaton, l’ensemble du pelage paraît mat.

Jusqu’à 10-12 semaines, s’ensuit une pousse anarchique du poil (primaire comme secondaire), l’ensemble du pelage fait penser à un joyeux fouillis, la couleur reste mate (diluée ou non diluée).

Il s'agit des mêmes chatons à 29 jours (je n’ai malheureusement pas de photo de groupe aussi parlante plus tôt).


A partir de 10-12 semaines, les poils du chaton vont commencer à s’épaissir, laissant apparaître cette fois distinctement, les poils primaires (plus foncés, plus épais et plus lisses), plus particulièrement là où le pelage est relativement court (pattes, face). Cette phase de transition facilement identifiable sur un individu aux couleurs non diluées (parce que les poils primaires « matures » vont apparaître épais et brillants), va être progressive et va durer plusieurs mois.

 

Petite (grande) parenthèse faite, qu’est-ce qu’on va faire maintenant de tout ça ?

 

Je résume :

Un chaton aux couleurs de base non diluées :

  •  naît, en apparence, brillant, dans des conditions d’éclairage particulières. L’ensemble de son pelage est particulièrement lisse et plaqué sur le corps.
  • vers 10-15 jours de vie l’ensemble de son pelage devient en apparence mat. Ses poils se sont redressés, l’aspect général du pelage est plus cotonneux.
  • à partir de 8-10 semaines (approximativement), il recommence progressivement à devenir en apparence brillant. Ses poils ont commencé à s’épaissir et ses poils primaires commencent à se distinguer des poils secondaires.

Le pelage d’un chaton aux couleurs de base diluées :

  • connaît exactement le même cycle de vie, à la différence que, comme nous l’avons vu précédemment, sa couleur semblera toujours plus ou moins mate. A la naissance et les quelques jours qui la précède, parce que l’ensemble de son pelage est lui aussi particulièrement lisse et plaqué sur le corps, il peut sembler brillant s’il est exposé à une lumière dure exclusive (flash sans autre source lumineuse).

Venons-en à présent, notre entre deux … le chaton fawn smoke ou lilas smoke.

Et bien si vous avez réussi à ne pas vous perdre dans toutes mes explications, vous avez déjà compris que visuellement, l’évolution de l’apparence de son pelage va ressembler à celle d’un chaton aux couleurs de base non diluées.

Et c’est de ce constat que nous allons beaucoup nous servir pour déterminer la présence du gène silver.

 

 DE LA NAISSANCE A 15 JOURS

A présent que toutes les bases dont nous avons besoin pour travailler sont poser, je vais vous expliquer pas à pas, comme je l’ai fait pour les couleurs de base non diluées, comment différencier un chaton fawn smoke ou lilas smoke par rapport à un chaton fawn ou lilas.

Important : bons nombres de détails n’apparaissent pas ou peu à l’œil nu, donc un conseil, apprenez à travailler avec votre téléphone à portée de main et armez vous d’un petit logiciel photo gratuit genre photoscape.

 

C’est entre autre ici que réside une des grandes différences avec le chaton smoke aux couleurs non diluées.

Les fameuses lunettes !

Ne les cherchez pas, vous ne les verrez pas distinctement !! (j'illustrerais cela juste après)

Je n’ai pas encore trouvé l’exacte explication au pourquoi, mais c’est un fait.

Probablement parce que les poils sont fins et courts  et que le contraste entre la couleur et la base argent est trop faible en comparaison à une couleur non diluée.

Certains éleveurs vous diront peut être les distinguer, sincèrement, champion du monde ! Avec le recul un chaton devenu adulte, que l’on sait smoke, oui on peut dire qu’on les devine, mais c’est tellement subtil que je trouve presque dangereux de ne se baser que sur ça, parce que nos yeux nous jouent des fois bien des tours et que parfois, on a aussi envie de voir des choses qui ne sont pas.

D’ailleurs, bien au contraire, c’est cette uniformité quasi absolue, de la face de votre chaton qui va grandement vous aider.

Je ne sais pas comment travaille chaque éleveur, mais pour ma part, les chatons naissent dans une caisse de mise bas ou un grand kernel couvert d’une couverture, la luminosité y est donc assez faible. Dans le cas qui nous occupe, c’est un énorme atout !

Pourquoi ?

Parce qu’en général je ne casse pas les pieds à mes mamans et que quand je veux voir leur chatons, plutôt que de les tripoter, j’ai pris l’habitude de faire des photos dans la quasi obscurité avec le flash de mon téléphone. Ainsi, sans même m’en rendre compte au départ, je n’ai aucune lumière parasite, juste une lumière blanche et vive. C’est ce qu’on appelle en langage photo, une lumière dure qui aura tendance à créer plus de contraste dans une image.

Et c’est justement ce qui nous intéresse et va faire une vraie différence.

La face :

 

Pour avoir fait naître de nombreux petits lilas et fawn par le passé, j’ai remarqué que tous avaient une sorte de halo plus clair en plein milieu de la face plus ou moins prononcé, comme une espèce de pâté. On le distingue bien en photo soit à la lumière naturelle soit avec une lumière chaude (jaune de la plupart de nos éclairages de maison), à la lumière blanche en revanche, il est très nettement moins perceptible voir pas du tout.

Très rapidement (courant des 15 premiers jours) cet sorte de halo va s’estomper.

Sa forme est plus ou moins toujours la même et n’a absolument rien à voir avec le masque d’un chaton smoke.

A contrario, sur un chaton smoke, il n’y en a pas, la face est presque uniformément colorée et cela quel que soit le type de lumière auquel est exposé le chaton. Vous pouvez chercher à deviner un masque argent autant que vous voulez, les images elles ne mentent jamais ! 

Il est assez facile finalement de faire ressortir sur certaines photos, des choses que notre œil ne perçoit pas de prime abord, simplement en retouchant ses photos. Retoucher ne signifie pas rajouter, mais plutôt mettre en évidence certaines choses difficilement visible à l’œil nu, en augmentant les contrastes à l’extrême par exemple ou en les passant en noir et blanc (attention le N/B n’est pas toujours ce qu’il y a de plus probant). 

Petite démonstration sur un chaton lilas.

Sans retouches.


Avec retouches.

Toujours pas convaincu ?

 

Le pâté clair à 3 jours, qui s’amoindri à 8 jours et a quasiment disparu à 18 jours, vous le voyez mieux là ? CQFD


Je vous disais juste avant qu’on ne distingue ce « pâté » sur un chaton non smoke, que dans certaines conditions d’exposition de lumière.

 

Exemple d’un chaton fawn de 3 jours photographié avec un flash pour unique source de lumière.


Les couleurs smoke sont dites à effet, justement parce que le rendu visuel de l’ensemble du pelage est avant tout une question de mouvement ET de jeu avec la lumière, il est donc essentiel de savoir se servir de cette caractéristique.

Revenons-en à notre chaton fawn smoke ou lilas smoke.

Donc à la naissance, un masque argent quasi inexistant qui va progressivement s’installer (vers 8 jours) pour n’être visible dans un premier temps, que dans certaines conditions d’exposition.

Exemple 1 : l’apparition du masque argent sur un chaton lilas smoke.

NB : J’ai volontairement augmenter en excès le contraste de la photo prise à trois jours, afin de démontrer qu’à cet âge, la perception d’un masque argent est quasi impossible sur ces couleurs.


La même en noir et blanc avec augmentation des contrastes. 


Exemple 2 : sur un chaton fawn smoke.

Voici les conditions d’éclairage idéales pour parvenir à voir le plus rapidement et le plus distinctement l’apparition du masque argent.

Alors la photo est franchement floue, mais je n’ai pas mieux.

 

Prendre une photo sans flash dans la pénombre avec un mini qui bouge rend rarement bien.


Vu d’ensemble :

 

C’est probablement cet aspect qui est plus intéressant et le plus parlant à mon sens, car si par exemple dans une portée vous avez un chaton fawn et un autre fawn smoke, vous ne pouvez tout simplement pas passer à côté, si vous savez quoi regarder et comment.

 

Idem si vous avez un certain recul et une certaine expérience du fawn et du lilas en non smoke.

Pour toutes les raisons évoquées plus haut, le constat est très simple, un chaton fawn smoke ou lilas smoke est visuellement, nettement plus foncé qu’un chaton fawn ou lilas, son apparente brillance se voit à l’œil nu (contrairement à un chaton lilas ou fawn) et il a des marques fantômes (en fonction des allèles Ta et Ti porté) nettement plus franches et visibles qu’un chaton non smoke de même couleur.

Mais attention, là encore, la justesse de cette observation repose complètement sur les conditions d’exposition à la lumière auxquelles sont soumises le chaton.

A la lumière naturelle directe, vous ne verrez pas de grande différence entre les deux.

 

Les chatons doivent être observés  dans la pénombre (faible luminosité naturelle et non direct) et/ou sur une photo prise au flash sans autre source lumineuse pouvant interagir.

Il s’agit des deux mêmes chatons, l’un fawn, l’autre fawn smoke, photo prise le même jour, à 3 jours de vie.

 

Elles n’ont pas été retouché et prise avec mon simple téléphone.


Cela semble déjà visuellement assez clair, que se passe-t-il maintenant si j’augmente les contraste et passe en N/B ?


Et là, j’en vois déjà en train de se dire, tu parles oui, c’est une question d’exposition d’un chaton ou de l’autre, un effet d’ombre ou blabla ce que vous voulez.

Donc la même avec 2 chatons fawn, à 3 jours de vie également.

Je vous met au défi de trouver une vraie différence de teinte entre ces deux chatons avec le même type d’éclairage !

En N/B j'ai ultra contrasté le montage volontairement (2x plus que pour le montage précédent de mon fawn et fawn smoke)


Comme vous pouvez le comprendre, le plus grand défi est finalement de trouver chez soi, les bonnes conditions d’éclairage qui vous permettrons de travailler au plus juste.

Voici un dernier exemple sur cette fois des chatons lilas et lilas smoke nés chez mon amie Christelle.

Se sont d’ailleurs ces photos qui ont tout changé.

Pour ce qui est de la brillance ++ d’un chaton smoke sur ces couleurs, je ne vais pas l’illustrer en photo, car là il faudra simplement vous servir de vos yeux pour ne pas vous laisser tromper par l’effet de brillance temporaire d’un chaton lilas ou fawn. Sur une photo prise à la lumière naturelle, plein soleil ou non, vous ne la verrez pas particulièrement.

Dans la pénombre d’une caisse de mise bas (pas dans le noir non plus hein), la brillance d’un fawn smoke ou lilas smoke se voit nettement et à l’œil nu.

 DE  15 JOURS A 8-10 SEMAINES

A partir de 15 jours de vie, le masque argent se voit en fonction des conditions d’éclairage, mais la brillance du pelage a complètement disparu.

Jusqu’à 8-10 semaines, il va falloir continuer à jouer avec nos photos et l’éclairage pour parvenir à mettre en évidence la présence du gène Silver. Si par bonheur dans une même portée vous avez fawn et fawn ou lilas et lilas smoke, la différence de teinte entre les deux demeure, mais de manière plus subtile ( pelage duveteux et poils fins). La perception de cette différence de teinte est toujours fonction des conditions d’éclairage.

 

Exemple avec deux chatons, l’un fawn l’autre fawn smoke :

La présence de racines argentés peut, toujours en fonction de l’éclairage, être mise en évidence, mais pas sur l’ensemble du corps. Ne cherchez pas à l’œil nu des racines blanches lumineuses sur le dos par exemple, vous avez peu de chance d’en trouver car elles n’apparaissent visibles, même sur les chatons noir, chocolat ou cinnamon qu’après plusieurs semaines de vie (de mémoire sur les non dilués 8-10 semaines parfois même bien plus tard).

La preuve en image …

Mère et fille, cinnamon smoke toutes les deux.

(photos prises à 2 mn d’intervalle dans les même conditions d’exposition)

Si les bonnes conditions de luminosité sont réunies, on parvient à voir l’aspect moucheté caractéristique d’un chaton smoke (je dirais ça fait un peu comme quand dans le ciel est moutonné), mais bien entendu, avec un contraste moindre que sur une couleur non diluée.

 

Exemple avec un chaton lilas smoke :

 A PARTIR DE 8-10 SEMAINES

C’est là que ça devient intéressant, car les poils primaires épaississent et commencent à se voir à certains endroits, en particulier au niveau de la face et au bout des pattes. Normalement, les chatons lilas smoke ou fawn qui vous ont échappé devraient se révéler.

Alors toujours sous des conditions d’éclairage particulières dans un premier temps (++ en lumière directe artificielle ou naturelle), vous allez voir apparaître des halos de couleur plus foncés ET brillants (pas sur tous, tout dépend de la pousse du poil, mais sur une grande majorité). Quand je dis brillant, en fait c’est très simple, cela me fait penser à du satin.

Pour avoir vu naître un bon nombre de lilas et de fawn, croyez-moi, vous ne verrez jamais cela sur un chaton longhair lilas ou fawn qui n’est pas smoke.

Pour illustrer ceci, je vais me servir des photos d’un chaton né chez mon amie éleveuse Sarah car je les trouve très parlantes. 

Le bout des pattes et le milieu de son front sont plus foncés et brillants à 11 semaines.

 

Les plumeaux argent des oreilles :

Contrairement aux couleurs de base non diluées, leur présence ne sera véritablement visible (en fonction des conditions d’exposition) que de manière transitoire durant une partie de la croissance. Je pense que c’est simplement parce que pendant un temps donné de la croissance, ces plumeaux sont démesurément grands par rapport à la taille de l’oreille et particulièrement fournis (vers 3 mois), or plus un poils est long et plus il y en a, plus la base argent sera visible (je traiterais de cet aspect dans un autre article). En grandissant, très souvent cela s’harmonise, les poils qui sortent des oreilles ne sont plus aussi longs en comparaison à la taille de l’oreille et ils sont nettement plus éparses. Chez un chat adulte aux couleurs non diluées, la racine argent dans les oreilles sera plus facilement visible grâce au contraste nettement plus important.

 

Exemple sur un chat chocolat smoke 


Très fourni vers 3 mois, ils sont comme sur les couleurs de base non diluées, blanc lumineux, pas simplement plus clair, on voit un vrai contraste entre l’intérieur de l’oreille et le reste. Plus ils sont longs et fournis, plus ils trancheront avec le reste.

Pour rappel un petit exemple sur du cinnamon, l'une génétiquement ticked, l'autre smoke.

 

(les photos ont été prise à 3 mois, le même jour dans les mêmes conditions d’exposition)


Exemple de l’évolution du rendu visuel sur du lilas smoke et fawn smoke :

On observe d’ailleurs cette « coloration » progressive et bizarre sur un certain nombre d’individus smoke longhair, qui souvent, va rester jusqu’à la fin de la pousse définitive des poils et jusqu’à la première mue.

Si on ne voit pas toujours cette phase de transition un peu étrange, on observe en revanche TOUJOURS (comme sur les couleurs de base non diluées), une période plus ou moins longue pendant laquelle, la face, les pattes voir la queue, semblent plus colorées, le reste du corps étant nettement plus clair voir complètement argent. Là encore, il n’y a pas vraiment de règle, elle peut commencer très tôt, avant 3 mois ou bien beaucoup plus tardivement. Elle n’est pas toujours spectaculaire, mais elle est franche et incontestable (c’est un point qui va beaucoup nous servir quand on parlera plus tard du smoke sur le roux/tortie).

Parfois, c’est l’ensemble du corps qui éclairci très nettement de manière homogène par rapport à la teinte de naissance (en particulier sur les chatons smoke génétiquement ticked).

 

Si cette phase d’éclaircissement plus ou moins importante n’est pas observable (sur l’ensemble du corps ou en partie) pendant la croissance (avant 1 an), c’est tout simplement que le chat en question n’est pas smoke !

Exemple de cette phase d’éclaircissement sur un fawn smoke et un lilas smoke.


 Fawn VS Fawn smoke

Les deux montages mis l'un à côté de l'autre, sont les deux sœurs que j'ai pris pour exemple plus haut / la différence de teinte à la naissance. 



 Lilas VS Lilas smoke


 VISUEL  A  L'AGE  ADULDE

A l’âge adulte, le rendu du smoke sur ces couleurs est tributaire ++++++ de la longueur du poils.

Plus le pelage sera fourni et long, plus la racine argent caractéristique du smoke sera visible, à contrario, sur un pelage particulièrement court (autant dire que sur du shorthair c’est quasi mission impossible), elle sera très peu, voir pas du tout (en fonction de la saison) visible globalement. Il faudra éventuellement la chercher là où le poil est particulièrement long comme sur la queue.

(Les quelques illustrations qui suivent son faite sur une base fawn, parce que j’ai les deux à l’élevage, mais le principe est scrupuleusement le même sur le lilas)

Sur les individus fawn smoke ou lilas smoke, où le smoke « ne se voit » de prime abord pas, on remarquera des jeux de lumière sur le pelage (brillant, qui ne semble pas uniforme avec des teintes différentes…) qui n’existe pas sur le fawn ou le lilas.

Un fawn au soleil et bien c’est un fawn, la couleur est mate et parfaitement uniforme (en dehors de certaine période de mue où lorsque les poils primaires se renouvellent, on peut voir apparaître une impression de plus foncé par endroit, mais uniquement de 1 ou 2 tons, comme c’est le cas sur la photo de mon fawn à gauche).

 

Exemple de jeu de lumière sur une fawn smoke :

Différence de teinte observable en fonction de l’exposition à la lumière.


A l’œil nu, en fonction du génotype du chat et de la longueur de son pelage, on distinguera également des marques fantômes, qui sur du lilas ou fawn adulte longhair sont absolument inexistantes.

Marques fantômes plus ou moins visibles (difficile d'avoir un rendu photo fidèle à ce que l'on voit), sur une fawn smoke LH et sur une fawn smoke SH.


En N/B


Pour conclure, quelques photos de BLH fawn smoke et lilas smoke adulte.


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